Ce qu’on sait, ce qu’on raconte.
La vie d’Hippocrate est mal connue : un bon historien sépare les faits, les attributions et les légendes.
1Trie le vrai du légendaire
Sa vie
Je trie
Établi, attribué ou légende ?
Sur Hippocrate, on sait peu de choses sûres. Pour chaque phrase, dis s’il s’agit d’un fait établi, d’une idée attribuée à son école (sans certitude sur l’auteur) ou d’une légende.
Les instruments du médecin.
Une tablette pour noter, une balance pour le régime, une cruche pour tester l’eau : essaie-les toi-même.
2Essaie les trois instrumentsClique sur les instruments de la table. Chacun se manipule.

Sacré, ou naturel ?
Un traité attribué à l’école de Cos prend position contre les guérisseurs : cette maladie n’est pas plus divine que les autres.
3Vérifie ton hypothèse
Je fais une hypothèse
Sacré ou naturel ?
Vers 400 av. J.-C., un traité attribué à l’école de Cos s’attaque à la « maladie sacrée » : des crises où le malade tombe et se débat, ce qu’on appelle aujourd’hui l’épilepsie. Des guérisseurs disent qu’un dieu l’envoie et proposent purifications et incantations.
Ce que l’auteur observe
La maladie touche aussi des animaux, comme les chèvres. Elle revient parfois de parents à enfants. Les purifications et les incantations ne changent rien, et en cas d’échec les guérisseurs accusent les dieux.
Suivre le malade, jour après jour.
Regarder, noter, comparer, prévoir : l’art d’observer devient une méthode.
4Vérifie ton hypothèse
Ce que le médecin note
Ni thermomètre ni microscope : le médecin regarde, touche et écoute. Il juge la fièvre en touchant le malade, et note les sueurs, le sommeil, la couleur de l’urine, la respiration, la parole.
Dans les Épidémies, chaque malade est suivi jour après jour, parfois avec son nom, sa ville et son quartier. À notre connaissance, ce sont parmi les plus anciens dossiers de malades suivis ainsi, au jour le jour.
Dire le passé, le présent, l’avenir
Le traité Pronostic demande au médecin de lire dans les signes ce qui s’est passé, ce qui se passe et ce qui va arriver. Le malade lui fait confiance… et le médecin admet qu’« il est impossible de guérir tous les malades ».
Une phrase des Épidémies résume la règle : face à la maladie, aider, ou du moins ne pas nuire.
Aujourd’hui encore
Ton carnet de santé, le dossier d’un patient à l’hôpital, la courbe de température d’une infirmerie : tout cela reprend la même idée, suivre un malade jour après jour et tout noter.
Je fais une hypothèse
Philiscus, malade de Thasos
Un des cas des Épidémies (vers 400 av. J.-C.). Jour 1 : fièvre aiguë et sueurs. Jour 2 : aggravation. Jour 3 : le matin, la fièvre semble tomber. Mais le soir elle revient, avec soif, langue sèche, urine noire, une nuit sans sommeil et du délire.
Une belle théorie… qui était fausse.
Les quatre humeurs ont régné pendant 2 000 ans. Comment a-t-on découvert qu’elles n’existaient pas ?
5Trie ce qui a tenuUne théorie célèbre
Le traité Nature de l’homme (attribué à Polybe, gendre d’Hippocrate selon la tradition) décrit quatre humeurs : le sang, le phlegme, la bile jaune et la bile noire. La santé serait leur bon équilibre ; la maladie, un déséquilibre.
On soigne alors en rétablissant l’équilibre : régime, repos, ou évacuation de l’humeur en excès, par purge ou saignée.
Une idée qui dure
L’idée n’est pas née avec Hippocrate. Galien, médecin romain né en 129, la développe et la relie aux saisons et aux tempéraments. Pendant plus de 2 000 ans, on la tient pour vraie, et on saigne les malades.

Je fais une hypothèse
Le choléra de Broad Street (1854)
En 1854, à Londres, le choléra tue des centaines de personnes en quelques jours dans un même quartier. John Snow note sur un plan l’adresse de chaque mort : elles se regroupent autour d’une pompe à eau de la rue.
Je trie
Qu’est-ce qui a tenu ?
Les auteurs du Corpus hippocratique ont eu des idées justes et des idées fausses. Pour chacune, dis ce que la science en a fait.
Que promet un médecin ?
Le Serment est célèbre, mais son origine reste discutée. Voyons ce qu’il dit et ce qu’on lui fait dire.
6Réponds à la question
Un texte court
Le Serment invoque d’abord Apollon, Asclépios, Hygie et Panacée. Il promet ensuite le respect envers son maître, des soins donnés pour le bien des malades, jamais de poison même demandé, et de garder secret ce qu’on apprend sur les patients.
Détail curieux : le médecin promet de ne pas opérer la « pierre » (le calcul de la vessie) et de laisser ce travail à ceux dont c’est le métier.
Une citation mal attribuée
« D’abord, ne pas nuire » (primum non nocere) n’est pas dans le Serment. Le plus proche, dans les Épidémies, dit « aider, ou du moins ne pas nuire » : ne pas nuire vient en second. On retrouve la formule latine seulement au XIXᵉ siècle : un livre anglais de 1860 l’attribue à un médecin du XVIIᵉ siècle, Thomas Sydenham.
Une question honnête
Qui a écrit le Serment ?
Ce que tu as retrouvé.
Observer plutôt qu’invoquer
Des causes naturelles, étudiées en suivant le malade jour après jour.
Une théorie fausse, une méthode juste
Les quatre humeurs sont abandonnées ; la façon de chercher, vérifier et corriger reste.
Aider, ou du moins ne pas nuire
Le Serment est discuté ; l’idée d’une éthique du médecin reste.
Ton carnet
Les autres ateliers.
Vingt-neuf ateliers, d’Hippocrate à Hawking. Choisis ton prochain établi.
−460Hippocrate
−250Archimède
1490Léonard de Vinci
1543Copernic
1609Kepler
1610Galilée
1679Denis Papin
1687Newton
1777Lavoisier
1803Thomas Young
1822Champollion
1834Babbage et Lovelace
1859Darwin
1862Pasteur
1869Mendeleïev
1876Bell
1879Edison
1888Tesla
1898Curie
1905Einstein
1926Schrödinger
1928Fleming
1936Alan Turing
1941Hedy Lamarr
1947Grace Hopper
1947Du relais à la puce
1962Les calculatrices de la NASA
1969Internet et le Web
1974Hawking