Touche un mot, teste-le.
Pour chaque phrase, touche un mot ou un groupe de mots, puis lance les tests : tu vois ce que la phrase devient, et ce qui reste correct.
1Manipule la phrasePremière phrase
Camille refuse de souffrir
Touche « ne », puis « pas », et lance les tests. Observe ce qui reste correct.
Deuxième phrase
Pascal et le roseau
Touche « qu’ », puis « n’ ». Cette phrase contient un « ne » : est-ce une négation ?
Troisième phrase
Hugo ne regardera rien
Touche « ni l’or du soir qui tombe », puis lance les tests. Compare avec « pas ».
Un « ne », est-ce toujours une négation ?
Tu as vu « ne… pas », « ne… que », « ni… ni… ». Un petit mot « ne » suffit-il pour parler de négation ? Deux tests te permettent de trancher.
2Teste le « ne »Première hypothèse
Deuxième hypothèse
La règle
La négation en cinq cartes
Les formes
ne… pas, ne… point, ne… jamais, ne… plus, ne… rien, ne… personne, ne… aucun, aucune, ne… guère, ni… ni… « Ne » se place devant le verbe, le second mot derrière (derrière l’auxiliaire aux temps composés). « Rien », « personne » et « aucun » peuvent aussi être sujets : « Personne ne vient. »
Totale ou partielle
Les manuels appellent totale la négation « ne… pas » (ou « ne… point »), qui nie le verbe en entier. Les autres (jamais, plus, rien, personne, aucun, guère, ni… ni…) nient une partie de l’énoncé : le temps, une chose, un être, une quantité. Les linguistes parlent plutôt de négation de phrase et de négation d’un constituant ; à l’oral du bac, retiens la distinction des manuels.
La restriction
« ne… que » signifie « seulement ». La phrase reste de forme affirmative. Test : on peut remplacer par « seulement ». Après « ne… que », « un », « des » ne deviennent pas « de » : « Je n’ai que des livres », mais « Je n’ai pas de livres ».
« ne » explétif et « ne » oublié
Le « ne » explétif ne nie rien (« Je crains qu’il ne vienne », « avant qu’il ne parte », « plus sage que je ne le croyais ») : on peut le supprimer. À l’inverse, la langue parlée supprime souvent le vrai « ne » (« je sais pas ») : familier, à ne pas écrire.
Dire moins, dire plus
La négation peut atténuer : on nie le contraire pour suggérer l’idée. C’est la litote : « Va, je ne te hais point » (Corneille) suggère « je t’aime » ; « Ce n’est pas mal » veut dire « c’est bien ». Quand les mots négatifs s’accumulent (« personne… jamais »), la négation est au contraire renforcée.
Trier, transformer, vérifier.
Trois exercices courts : distingue vraie négation, restriction et « ne » explétif ; observe l’effet de la négation ; puis teste tes pièges.
3Fais le triLe tri des « ne »
Négation, restriction ou explétif ?
Chaque phrase contient un « ne ». Nie-t-il vraiment ?
Les effets de la négation
Dire moins, dire plus
Bascule d’une version à l’autre, observe, puis réponds à la question.
Pièges de la négation
Sept petites questions
Réponds, puis lis l’explication, même si tu as juste.
Réponds comme à l’oral.
Tu as la phrase et la question. Prépare ta réponse à voix haute, puis compare avec le modèle et coche ce que tu as fait.
4Passe l’oralAu bac, en deux minutes
La question de grammaire
Prépare ta réponse à voix haute, puis compare avec le modèle.
Ce que tu emportes.
Un tableau et quatre pièges.
5Lis ta ficheMa fiche
Reconnaître une négation
| Forme | Nature des mots | Ce qu’elle exprime | Exemple |
|---|---|---|---|
| ne… pas, ne… point | adverbes de négation | nie le verbe en entier (négation totale) | Je ne veux pas souffrir. |
| ne… jamais, ne… plus | adverbes de négation | nie le temps : aucun moment ; ce qui cesse | Mes yeux ne voyaient plus. |
| ne… rien, ne… personne | pronoms indéfinis à valeur négative | nie une chose, un être | Tu n’accuseras personne. |
| ne… aucun, aucune | déterminant indéfini (ou pronom) | nie toute quantité | Aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel. |
| ne… guère | adverbe de négation | nie à moitié : à peine, pas beaucoup | Il n’est guère aimable. |
| ni… ni… | conjonction de coordination répétée | nie deux éléments | ni l’or du soir, ni les voiles |
| ne… que | adverbe de restriction | « seulement » : pas une négation | L’homme n’est qu’un roseau. |
| « ne » explétif | « ne » sans valeur négative | facultatif : après craindre que, avant que… | Je crains qu’il ne vienne. |
| Litote | figure de style à forme négative | dit moins pour suggérer plus | Va, je ne te hais point. |
À l’oral : nomme le mot négatif, dis s’il nie vraiment, et cite une manipulation (remplacement par « seulement », suppression du « ne », passage à l’affirmative).
Attention
Les pièges
« ne » ne veut pas toujours dire « non »
« ne… que » restreint, le « ne » explétif ne nie rien, et « n’importe qui » est un pronom indéfini : le « n’ » n’y marque aucune négation.
« de » après la négation
Après « ne… pas », « un », « une », « des » deviennent « de » : « Je n’ai pas de livres » (sauf avec le verbe « être » : « Ce ne sont pas des livres »). Après « ne… que », ils ne changent pas : « Je n’ai que des livres ».
Cumul ou double négation ?
Plusieurs mots négatifs se cumulent : « Personne ne le sait jamais » nie une seule fois, plus fort. Deux négations qui s’annulent demandent deux verbes : « Il n’est personne qui ne le sache » (= tout le monde le sait).
Le « ne » oublié
À l’oral, on dit « j’ai rien vu » : c’est familier. Dans une analyse ou une copie, écris « je n’ai rien vu », sauf pour citer un dialogue.
Ce que tu retiens.
Un « ne » n’est pas toujours une négation
Teste : « ne… que » se remplace par « seulement » ; le « ne » explétif se supprime sans changer le sens.
Plusieurs formes, plusieurs sens
« ne… pas » nie le verbe en entier ; jamais, plus, rien, personne, aucun en nient une partie ; « ni… ni… » coordonne deux éléments niés.
La négation peut dire plus
Litote ou accumulation de mots négatifs : la négation sert l’atténuation ou l’insistance.
Ton carnet